La Méditerranée est un formidable laboratoire de la mondialisation où se joue l’avenir prospère d’une communauté de destin de 800 millions de personnes!
Je me suis rendu en visite officielle au Maroc du 31 janvier au 4 février 2013 en ma qualité de membre du groupe d’amitié UE-Maroc présidé par l’eurodéputé français Gilles Pargneaux. Au programme, plusieurs questions ont été évoquées : l’Accord de pêche Union Européenne-Maroc avec le ministre de l’Agriculture et de la Pêche Maritime, Aziz AKHANNOUCH, le processus de démocratisation du Maroc avec Omar AZZIMAN, conseiller du roi et évidemment la relation Union Européenne-Maroc avec Abdellatif MAAZOUZ, Ministre des Marocains Résidant à l’Etranger. Je me suis aussi rendu à Dakhla dans les Provinces du Sud du Maroc. Retour sur une visite aussi dense que fructueuse.

Au cours de mon échange avec le ministre de l’Agriculture et de la Pêche Maritime sur l’Accord de pêche Union Européenne, M. Aziz AKHANNOUCH, a établi un bilan de l’avancée des négociations de l’accord de Pêche avec la Commission européenne. Malgré des discussions très constructives, le 4ème round de négociation qui a eu lieu à Bruxelles les 29 et 30 janvier 2013 a bloqué sur la question des contreparties financières à verser au Maroc.
M. AKHANNOUCH a profité de l’occasion pour nous présenter un panorama de la situation de la pêche au Maroc et surtout du caractère durable que le Maroc s’efforce d’inclure dans ce secteur.

Autre thème important de la mission parlementaire, l’étude de l’avancée de la démocratie au Maroc. Le contexte actuel de déstabilisation des pays du printemps arabe a rendu encore plus pertinente la mise en lumière de la situation marocaine. Première grande réforme pour la démocratisation marocaine : la régionalisation. Omar AZZIMAN, conseiller du roi, m’en a détaillé ses contours.
Inscrite dans la nouvelle Constitution, cette réforme va bientôt se concrétiser en une décentralisation inédite au Maroc. On passe d’une relation de tutelle des régions vis-à-vis de Rabat à une relation contractuelle adaptable en fonction des spécificités régionales. Cette décentralisation est un vrai pas en avant dans l’établissement d’une démocratie fonctionnelle et plus participative.

Concernant les relations UE-Maroc, j’ai eu l’occasion d’échanger avec M. Abdellatif MAAZOUZ, Ministre des Marocains Résidant à l’Etranger. Ce dernier m’a fait part d’emblée de son inquiétude vis-à-vis de la politique de traitement des travailleurs migrants des Pays-Bas ainsi que de la nécessité de réfléchir à la problématique de l’apprentissage de la langue arabe en Europe. M. MAAZOUZ m’a indiqué que la crédibilité de l’UE va se jouer sur un certain nombre de points dans les mois à venir : l’ouverture réelle du marché européen au Maroc avec les négociations d’un accord de libre échange complet et un accord sur la mobilité et les modalités de réadmission.

J’ai poursuivi l’étude de la question du Sahara par un déplacement dans la ville de Dakhla dans les Provinces du Sud, le dimanche 3 février. Sur place, j’ai constaté le fort développement du port et de l’activité portuaire locale montrant ainsi que les investissements de l’UE ont permis un développement économique profitable.

Je suis rentré de ce déplacement convaincu que la Méditerranée est la région du monde où se cristallisent un grand nombre de défis globaux. Je n’en citerai que les plus évidents : la paix, le réchauffement climatique, l’accès à l’eau potable, la sécurité alimentaire, la dévitalisation rurale, la pollution des côtes, l’approvisionnement énergétique. Or chacun de ces défis peut être relevé à partir de grand projets générateurs d’emplois, de transferts de technologie, de formation, de convergence, de mobilité organisée et surtout de confiance et de complémentarité. Mesure-t-on le potentiel de croissance considérable qui se niche dans des secteurs tels que l’énergie, l’eau ou la connaissance ? En tout cas mes visites de travail au Maroc comme en Algérie m’on prouvé si cela était nécessaire que nous avons dans nos mains une opportunité historique à saisir pour construire, dès à présent si nous le voulons, une « communauté euro-méditerranéenne de l’Energie », ou encore une « université euro-méditerranéenne de l’innovation. La Méditerranée est un formidable laboratoire de la mondialisation où se joue l’avenir prospère d’une communauté de destin de 800 millions de personnes! Ne perdons pas ça de vue.

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