Veolia Environnement trop fier d’avoir gagné sa bataille bruxelloise.

Les eurodéputés n’en reviennent pas : ils ont appris par un communiqué du géant français de l’eau que la Commission européenne avait classé sans suite l’enquête sur des soupçons de cartel en France.

ChallengesWeb
Retranscription de l’article :
Questionné à ce sujet le 11 avril dernier, le commissaire européen Joaquin Almunia avait répondu : “La Commission finalise actuellement son enquête approfondie et entend se prononcer au premier semestre 2013 sur la nécessité ou non d’envoyer aux entreprises soumises à l’enquête une communication des griefs sur la base des éléments de preuve récoltés.” (Sipa)

Les eurodéputés ont eu droit à une surprise mardi 23 avril. Alors que la Commission européenne n’a toujours pas officialisé la chose, Veolia Environnement s’est fendu d’un communiqué annonçant qu’elle classait sans suite l’enquête ouverte le 18 janvier 2012 – suite à des inspections surprises menées en France en avril 2010 -sur des soupçons de cartel et d’abus de position dominante dans le secteur de la distribution d’eau en France.

En clair, la direction générale de la concurrence bruxelloise, présidée par le commissaire Joachim Almunia, comptait faire la lumière sur les pratiques commerciales de Veolia, Suez Environnement et Saur. En cause, leur syndicat professionnel, FP2E, qui aurait été le lieu de discussions d’un partage entendu du marché français de l’eau et de ses prix.

Un enjeu à 400 millions d’euros

L’ouverture officielle de cette enquête avait fait perdre aux deux principaux acteurs du secteur, Veolia et Suez Environnement, respectivement 247 et 125 millions d’euros de valorisation boursière. Le montant attendu, selon les calculs de Julien Desmaretz, chez Bryan, Garnier&Co, de l’amende que ces deux entreprises risquaient de se voir infliger. Il n’en sera finalement rien. Les géants de l’eau peuvent à nouveau contracter tranquillement.

Au grand étonnement de Karim Zeribi, député Vert au Parlement européen, qui suit ce dossier de près depuis quelques mois: “C’est un scandale sous-jacent ! Que ce soit une des entreprises privées concernées par une enquête qui annonce son classement jette un véritable discrédit sur le fonctionnement de la direction générale de la concurrence !” Il avait lui-même questionné le commissaire Almunia, le 1er mars, sur l’avancée de l’enquête. Lequel lui avait répondu, le 11 avril : “La Commission finalise actuellement son enquête approfondie et entend se prononcer au premier semestre 2013 sur la nécessité ou non d’envoyer aux entreprises soumises à l’enquête une communication des griefs sur la base des éléments de preuve récoltés.”

Quelques jours après cette réponse sibylline, l’information fuitait déjà. Et seulement dix jours plus tard, c’est donc Veolia qui officialisait la “bonne” nouvelle! Explication gênée de la Commission à l’eurodéputé Zeribi : “Il y a eu une fuite…”. Un peu léger à l’heure où le lobbying à Bruxelles est de plus en plus décrié.

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