La logique néolibérale de l’Europe poussée par Angela Merkel et David Cameron n’est pas la bonne, un libre-échange entre l’Europe et les États-Unis ne fera qu’accentuer nos problèmes sans les régler. 

Les bénéfices du libre-échange et de la dérégulation promis depuis vingt ans auraient dû nous donner une croissance économique supérieure à celle de la Chine ! Du moins telle était la promesse de la Commission européenne depuis les années 90. Cette logique néolibérale nous a conduits à une croissance nulle, à 27 millions de chômeurs et à toujours plus d’inégalités sociales.

Poussée par Angela Merkel et David Cameron, la Commission a souhaité relancer les négociations avec les USA sur les accords de libre-échange. Cet Accord aborde avant tout les normes, les droits qui régissent l’économie et le vivre ensemble, et traduisent, bien souvent, des choix de société décidés démocratiquement. Côté américain le mandat est clair : toujours plus d’OGM, l’arrivée dans nos assiettes de la volaille chlorée et du boeuf aux hormones, la remise en cause de la politique agricole commune (PAC). Encore plus de libéralisation des services, y compris certains services publics, les services culturels ou financiers.

Dans le viseur de l’actualité face à l’espionnage massif de la NSA américaine, la menace sur les libertés numériques et les données privées. Plus de pouvoirs pour les groupes multinationaux, une capacité encore réduite pour les citoyens, les salariés, les Etats et les collectivités à défendre leurs droits ou à en instaurer de nouveaux. On voudrait sacrifier ce qui nous reste de modèle européen, alors qu’on ne parvient pas à protéger notre industrie ? Absurde.Quel modèle de développement voulons-nous pour l’Europe de demain ? C’est tout l’enjeu du moment. Avant d’engager des négociations commerciales, l’urgence est de protéger et de moderniser notre économie, en nous dotant d’une politique industrielle ambitieuse commune, favorisant la transition écologique et s’appuyant sur une politique fiscale harmonisée.

La priorité est également de redéfinir l’accès à notre marché, en le conditionnant au contenu des importations en CO2, au respect des droits humains et de la liberté syndicale, de normes sanitaires et s’appuyant sur une politique fiscale harmonisée.

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