Il y a cinquante ans, le préfet de Police de la Seine, Maurice Papon, avec l’accord du gouvernement, imposa un couvre-feu visant exclusivement tous les Français musulmans d’Algérie.

Ce couvre-feu raciste entraîna une réaction pacifique des Algériens, sous la forme d’une manifestation dans les rues de Paris. Au soir du mardi 17 octobre 1961, ils furent près de trente mille, hommes, femmes et enfants, à défiler pacifiquement sur les grandes artères de la capitale pour revendiquer le droit à l’égalité et défendre l’indépendance de l’Algérie.

La répression policière de cette protestation non violente est une des pages les plus sombres de notre histoire. Longtemps dissimulée à l’opinion et désormais établie par les historiens, elle fut féroce : onze mille arrestations, des centaines d’assassinats, dont de nombreux manifestants noyés dans la Seine, tués par balles, frappés à mort.

Dimanche 16 octobre 2011, Karim ZERIBI était invité à intervenir lors de la conférence organisée par l’Union des Universitaires Algériens et Franco Algériens (UFAC) pour la commémoration du 17 octobre.

En présence d’intervenants prestigieux tel que Ali HAROUN (ancien Ministre et dirigeant de la fédération FLN de France, Karim a réaffirmé son attachement à la mémoire mais aussi sa volonté de construire l’avenir.

L’État Français doit reconnaître le massacre perpétré afin de permettre à la communauté Franco Algérienne de tourner la page de l’histoire sans la déchirer.

Les Français d’origine Algérienne ont un rôle fondamental à jouer pour créer des passerelles de respect entre la France et l’Algérie, afin de permettre que se nouent des relations de confiance apaisées. Nous devons être capables de regarder l’histoire en face tout en nous projetant vers un avenir de coopération véritable, sans hypocrisie, sans rancœur et avec la volonté de partager un destin euro-méditerranéen commun.

Un jour, nous pouvons l’espérer, un député français d’origine algérienne, portera devant l’assemblée nationale un discours de réconciliation entre la France et l’Algérie, à l’instar de ce que la France et l’Allemagne ont été capables de faire.

Pour aller de l’avant, il faut adopter une lecture commune de l’histoire, le 17 octobre 1961 ne peut rester une date sans signification dans l’histoire de France.

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